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Qui est Philomène Milolo ?

Philomène : Biographie
Docteur ès Lettres, Ecrivaine,
Née dans une Mission catholique, à la mort de ses parents tués par les rebelles, Philomène Milolo est élevée par les sœurs de Marie au Kwango (ou sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus). Lors du recours à l’authenticité prôné par Mobutu Sese Seko, elle adoptera le prénom de Kembe en hommage à la plus âgée de la Communauté. Dans les pas des religieuses qui s’occupent de l’éducation et de la formation de la jeunesse, elle enseigne le Français au Lycée Minduly après le bac deux ans durant. Il était de coutume de retenir « les meilleurs éléments » d’une promotion, une mesure palliative qui répondait à la carence d’enseignants qualifiés. « Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années ». Elle quittera sa mission natale pour les études supérieures dans la capitale congolaise. Elle est accueillie par son oncle au 1er étage du bâtiment abritant les services de la coordination des enseignements primaire et secondaire. Toutes les conditions étaient réunies pour forger en elle l’élan de la transmission du savoir et être amenée, à son tour, à s’investir totalement dans l’action éducative. Dès lors, tous ses rêves, toutes ses ambitions et initiatives tourneront autour de l’école et l’enseignement.
De l’Institut supérieur pédagogique à l’Institut pédagogique national, de la Gombe à Binza, très vite elle retient l’attention de ses professeurs, plus particulièrement d’une expatriée Françoise Spurling, une Française mariée à un Américain. Celle-ci l’aidera à exploiter ses potentiels en écriture, lecture, théâtre, chant et surtout sa passion croissante pour le métier d’enseignant. Aux côtés de Françoise comme responsable pédagogique, elle apprend la culture de l’engagement personnel et de la créativité. C’est elle qui dirige les travaux remarquables qui aboutiront à la promotion de Philomène Milolo en tant qu’Assistante à l’Université par Arrêté départemental du 12 juin 1979, relatif à la nomination de membres du cadre scientifique de l’Université nationale du Zaïre. Affectée à l’IPN, Françoise restera son modèle en matière de formation et de pédagogie. Mais elle voudra davantage s’affirmer en tant qu’universitaire.
C’est à ce titre que la cadette des professeurs est envoyée en mission de formation à l’Université de Fribourg en Suisse. Après son Doctorat ès Lettres en 1985, elle a dû repousser sa prise de fonction au pays. Mariée à un « étudiant » la même année elle est d’abord obligée de prendre en charge toute la rédaction de son mémoire de l’Institut universitaire d’études européennes (Genève) et celle de sa thèse de doctorat sur L’enseignement de l’histoire au cycle d’orientation de l’école secondaire du Zaïre-Diagnostic 1960-1980) ensuite pour lui permettre d’obtenir, tardivement, son Doctorat en Sciences et théories de l’éducation. Refusé par l’Université de Genève, qui découvre la supercherie, ce dernier titre sera soutenu en Sciences et théories de l’éducation à celle de Strasbourg et publié chez Peter Lang en 1999. Il sera décliné sous le raccourci de L’enseignement de l’histoire en République démocratique du Congo (ex-Zaïre) 1960-1980. Lourdement impactée par le drame conjugal qui faillit lui coûter la vie le 22 juillet 1991 (objet de son autobiographie La fille du couvent), Philomène Milolo réorientera définitivement sa carrière en tant que chercheuse et professeure de littérature française et francophone. Une véritable épreuve pour celle qui, oscillant entre le cocon familial couvent - évêché et l’école, voulait réinvestir son aventure humaine et intellectuelle au bénéfice des universités zaïroises.  « Du couvent à l’enfer conjugal », tout est dit dans ce titre de l’article d’Annick Monod, journaliste à La Liberté-Quotidien romand édité à Fribourg. Il résume pertinemment les 530 pages de La fille du couvent. Philomène Milolo puisera son courage et sa force dans l’amour voué à ses enfants pour se reconstruire. Elle est actuellement fonctionnaire territoriale et écrivaine à Strasbourg, la capitale européenne. Elle milite avec cœur et passion pour les droits des femmes et participe aux actions de prévention contre les violences conjugales, le Sida dont on ne dira jamais assez que malgré les avancées on ne guérit pas du virus et le traitement reste très lourd.
Philomène Milolo est l’auteure de nombreux écrits. Ses œuvres, -  Le déchirement dans l’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane ; L’image de la femme chez les romancières de l’Afrique noire francophone ; La présence de la femme dans la littérature africaine écrite ; L’éducation à la responsabilité par l’exemple ; Mariama Bâ et la stylistique du récit ; Senghor ou la diversité de l’unité du monde, L’hommage de la femme à Léopold S. Senghor, … pour ne citer que ces titres -, qui apportent une note de contribution dans la florissante musique de langue et littérature françaises, tant l’Europe (la France) et les francophonies se nourrissent mutuellement. Elles sont appelées à se compléter et même à se féconder. Fécondité symbole de richesse.